A Lyon, un monolithe noir pour marquer le renouveau de la Part-Dieu – Bourse immobilier

Futur plus haut gratte-ciel de la ville, la tour To-Lyon, dont le chantier vient de débuter, marque la transformation de la gare et du quartier d’affaires.

Par Grégoire Allix Publié hier à 18h46, mis à jour hier à 19h29

Temps de Lecture 3 min.

Construite à côté de la gare de Lyon Part-Dieu, la tour To-Lyon, dessinée par Dominique Perrault, s’élèvera à 170 mètres de haut.
Construite à côté de la gare de Lyon Part-Dieu, la tour To-Lyon, dessinée par Dominique Perrault, s’élèvera à 170 mètres de haut. ArchiGraphi

C’est un « monolithe d’obsidienne » qui s’élèvera, d’ici la fin 2023, dans le quartier lyonnais de la Part-Dieu, selon les mots de son architecte, Dominique Perrault. La tour To-Lyon, dont la première pierre a été symboliquement posée lundi 9 septembre par Vinci Immobilier et les élus locaux, doit devenir l’emblème de la profonde rénovation du quartier d’affaires de Lyon, l’un des grands chantiers qui remodèlent la métropole, et permettre la restructuration de la gare Lyon Part-Dieu, à laquelle la construction de la tour va offrir un vaste parvis et de nouveaux accès.

Le gratte-ciel caréné de noir, qui évoque la DC Tower livrée par l’architecte français à Vienne en 2016, aussi bien que la tour Areva construite par l’agence SOM à la Défense en 1974, présente une façade plissée, sculptée en biseau, pour « capter la lumière dans toutes les directions », explique l’architecte.

Cet objet spectaculaire est aussi une machine à superlatifs dans le paysage immobilier lyonnais. Ses 43 étages et ses plus de 170 mètres en feront la plus haute tour de la skyline de la ville, au-dessus du « Crayon » (la tour Part-Dieu) et de la « Gomme » (la tour Incity) – antenne exclue. Et ses 80 000 mètres carrés la propulsent au rang de plus important projet immobilier lancé dans la ville de mémoire de Lyonnais, tout comme son coût global de 600 millions d’euros hors taxes (espaces publics compris).

Un ensemble architectural avec un profil en « L »

La tour accueillera 66 000 mètres carrés de bureaux – occupés notamment par l’assureur Apicil, qui en a acheté 60 %, par EDF et par l’opérateur de coworking Spaces – mais aussi un hôtel quatre étoiles de 168 chambres et 3 500 mètres carrés de commerces en rez-de-chaussée. Le projet, lancé en 2011, était initialement baptisé « Two Lyon » et devait compter deux tours jumelles. La difficulté à trouver preneur pour un hôtel occupant toute une tour a conduit à ramener le deuxième bâtiment à des proportions plus modestes – huit étages –, donnant à l’ensemble un profil en « L ».

Le projet n’en a pas pour autant perdu en complexité. Car les promoteurs, Vinci Immobilier et son partenaire local Européquipements, avaient pour mission non seulement de construire la tour, mais d’imaginer les espaces publics à son pied pour faire le lien entre le quartier d’affaires et la gare. « La gare a été conçue pour 35 000 personnes par jour, on est aujourd’hui à 120 000 et on sera à 220 000 dans dix ans, rappelle le maire de Lyon, Gérard Collomb. Il faut l’agrandir, mais elle est insérée dans des bâtiments, donc il nous fallait un projet dont la valeur permettait de racheter et de démolir tous ces lots. »

La tour To-Lyon vue de la future place Charles-Béraudier, agrandie et transformée en vaste parvis pour la gare.
La tour To-Lyon vue de la future place Charles-Béraudier, agrandie et transformée en vaste parvis pour la gare. Dominique Perrault Architecte / ArchiGraphi / Adagp

Renouveau du deuxième quartier d’affaires de France

L’argent drainé par To-Lyon et son effet structurant sur la trame urbaine participent ainsi à la création d’un véritable « hub » international de transports. La SNCF a entrepris de doubler les espaces d’accueil de la gare, ses surfaces commerciales vont être augmentées de plus de 6 000 mètres carrés, ses accès transformés… Au pied de la tour et à l’entrée de la gare, l’étriquée place Charles-Béraudier, agrandie, doit devenir un parvis piéton, doublé d’un niveau inférieur hébergeant parking à vélos, dépose minute, taxis et connexion au métro.

Signal urbain d’une gare transfigurée, To-Lyon doit aussi incarner pour la métropole lyonnaise le renouveau du deuxième quartier d’affaires de France. De la modernisation du gigantesque centre commercial d’Unibail-Rodamco au réaménagement des rues, les chantiers se multiplient dans ce secteur de 170 hectares, avec la volonté affichée de rompre avec l’urbanisme des années 1970. « Nous voulons conforter notre quartier d’affaires, mais pas pour faire un la Défense bis ; nous voulons que ce soit un quartier à vivre, avec des logements », insiste M. Collomb.

Deux mille deux cents nouveaux logements sont en effet prévus, mais aussi des centaines de milliers de mètres carrés de bureaux supplémentaires, pour porter l’offre de surfaces tertiaires à 1,5 million de mètres carrés. D’autres gratte-ciel sont d’ores et déjà projetés dans la skyline de la Part-Dieu, même si le maire assure ne pas vouloir « que le quartier devienne trop compact », pour qu’on distingue bien « la silhouette des tours ». Un océan de béton à venir où l’on peine à distinguer les îlots de verdure promis par la communication municipale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *