A Paris, le marché immobilier plus fort que le volontarisme politique – Bourse immobilier

En 2014, Anne Hidalgo avait promis qu’avec elle les Parisiens pourraient plus facilement se loger. Ses efforts n’ont pas suffi.

Par Denis Cosnard Publié aujourd’hui à 10h42, mis à jour à 10h43

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Anne Hidalgo, alors candidate à la mairie de Paris, et Ian Brossat, qui deviendra adjoint au logement, le 22 octobre 2013.
Anne Hidalgo, alors candidate à la mairie de Paris, et Ian Brossat, qui deviendra adjoint au logement, le 22 octobre 2013. Benoit Tessier / REUTERS

Plus de 10 000 euros le mètre carré ! Le prix stratosphérique atteint en moyenne par les logements anciens à Paris fait la joie des propriétaires qui ne cessent de s’enrichir, et de ceux qui y voient une conséquence de l’attractivité de Paris. Mais aux yeux de nombre de Parisiens, il marque plutôt un échec, celui de la politique menée par la Mairie en matière de logement. Ou au moins un constat d’impuissance. Malgré le volontarisme affiché par les élus, le marché l’a emporté. Et contrairement à ce que prônaient les ambitions initiales, il devient de plus en plus difficile de se loger dans la capitale.

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Le sujet fait déjà partie des dossiers au cœur de la campagne pour les prochaines élections municipales, en mars 2020. « Dans le bilan d’Anne Hidalgo, il y a du positif, mais aussi du très négatif, à commencer par la spéculation immobilière qu’elle a laissé filer », juge ainsi son allié écologiste David Belliard, qui dirigera les listes Europe Ecologie-Les Verts au premier tour. La République en marche (LRM) et la droite classique comptent également attaquer la maire socialiste sur le sujet, tout en avançant prudemment tant la question est complexe : peut-on vraiment contrer les forces du marché immobilier ?

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« Nous avons fait le maximum »

« En fait, nous avons fait le maximum, plaide-t-on à l’Hôtel de ville. Il n’y a que deux leviers que nous n’avons pas pu actionner, parce que l’Etat nous a mis des bâtons dans les roues : la lutte judiciaire contre les excès d’Airbnb et l’interdiction des résidences secondaires inoccupées. » Les élus estiment avoir obtenu de vrais succès en matière de lutte contre l’habitat insalubre, d’hébergement des sans-abri, et de maintien d’une certaine mixité sociale. « Mais bloquer les prix, ça, c’est difficile… »

En 2014, lors de la campagne précédente, Anne Hidalgo avait hissé le logement au rang de « priorité des priorités » et fixé un horizon : « Je veux qu’en 2020 les Parisiens puissent plus facilement se loger selon leurs besoins », et en particulier « entrer dans un logement plus grand quand leur famille s’agrandit ». Cet objectif n’a clairement pas été atteint. Les prix d’achat dans le neuf comme dans l’ancien se sont envolés. Les loyers dans le parc privé ont eux aussi bondi. Et de plus en plus d’appartements sont destinés aux touristes par l’intermédiaire de sites comme Airbnb.

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