Pas de retournement en vue sur le marché de l’immobilier – Bourse immobilier

La visibilité a rarement été aussi forte sur le marché immobilier, car la faiblesse des taux va durablement soutenir les prix. Seule la construction inquiète les professionnels.

Par Jérôme Porier Publié aujourd’hui à 06h00, mis à jour à 08h16

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Illustration : Charlie Poppins

A la rentrée 2018, la plupart des experts tablaient sur un atterrissage en douceur du marché immobilier. Un an plus tard, force est de constater que la pierre n’a jamais eu autant de succès. « Les clignotants sont au vert dans tous les segments : résidence principale, secondaire et investissement. Le marché immobilier est solide ; même les manifestations des gilets jaunes n’ont pas eu d’impact », juge Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim.

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Le nombre de transactions dans l’ancien au cours des douze derniers mois a déjà dépassé les chiffres record de l’an dernier (994 000 ventes entre juin 2018 et mai 2019). « Pour la première fois, le seuil du million de ventes devrait être atteint d’ici à la fin de l’année », annonce Sébastien de Lafond, président cofondateur de MeilleursAgents. En trois ans, les volumes de transactions dans l’ancien ont bondi de 43 % !

Nantes (Loire-Atlantique), la nouvelle star du marché immobilier 2019 ? Vue aérienne de la ville prise depuis la tour de Bretagne.
Nantes (Loire-Atlantique), la nouvelle star du marché immobilier 2019 ? Vue aérienne de la ville prise depuis la tour de Bretagne. Usage worldwide/DPA/Photononstop

La vigueur de la demande stimule les prix, qui ont enregistré une hausse de 1,4 % depuis janvier au niveau national, s’affichant désormais à 2 606 euros/m² en moyenne (+ 0,8 % en 2016, + 1,7 % en 2017 et + 1,2 % en 2018), selon MeilleursAgents. Un chiffre qui cache néanmoins de fortes disparités. Quand Paris gagne 8,8 % en un an, à plus de 10 000 euros/m² en moyenne, les 50 premières villes françaises progressent de 2,2 % tandis que de nombreuses petites villes restent à la traîne en région.

Nantes, qui flirte avec les 10 % de hausse sur douze mois, à près de 3 300 euros/m² en moyenne, est bien placée pour devenir la nouvelle star du marché immobilier en 2019

Les prix battent des records dans les métropoles, comme à Rennes (3 013 euros/m2), Toulouse (3 086 euros) et Lille (2 692 euros). Après Bordeaux en 2017 et Lyon en 2018, Nantes, qui flirte avec les 10 % de hausse sur douze mois, à près de 3 300 euros/m² en moyenne, est bien placée pour devenir la nouvelle star du marché immobilier en 2019. Loin de l’euphorie des grandes agglomérations, les tarifs stagnent (+ 0,4 %) dans les zones rurales depuis le début de l’année, même si la chute de prix y semble désormais enrayée.

Les taux tirent les prix

Les raisons de la résilience de la pierre sont connues : la faiblesse des taux d’intérêt, qui ont crevé cet été de nouveaux planchers. Alors que la Banque de France tablait, fin 2018, sur un taux moyen de l’OAT 10 ans [le taux d’emprunt à dix ans de la France] de 0,90 % en 2019 et de 1,2 % en 2020, elle a ramené ses prévisions à 0,40 % et à 0,50 %, un ajustement considérable en si peu de temps. En août, la référence du marché obligataire français s’est même enfoncée en territoire négatif pour le deuxième mois d’affilée. C’est, bien sûr, du jamais-vu.

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